S’exprimer en entreprise : Osez dire!

On a tous vécu des moments où entre parler ou se taire, on a choisi la seconde option. Ce constat est plus fort encore en entreprise où s’exprimer n’est pas toujours chose facile. Nous avons chacun de nombreuses raisons de ne pas le faire et de nombreux prétextes aussi.

Je vais blesser, c’est pas opportun, le reste de l’équipe a validé, c’est mon N+1 quand même !! etc

Sondage express : 

Est-ce qu’il t’est déjà arrivé d’avoir envie de dire quelque chose en réunion, à ton N+1, à tes collègues… et puis, d’abandonner, de renoncer et de te taire ?

Est-ce qu’il t’est déjà arrivé d’être mécontent sur un dossier, par rapport à une décision de l’entreprise ou le mot d’un collègue, voire en colère et encore une fois de le garder pour toi ?

Ou encore tu es peut-être resté transis de peur…. De peur du regard des autres, si bien que que ton expression est restée aux abonnés absents ! 

Tu t’es reconnu quelque-part ? Bon allez soyons honnêtes, le OUI risque de l’emporter. L’idée ici c’est pas tant de se mettre des taloches que de regarder les conséquences de son mutisme d’abord pour soi et surtout les bénéfices à changer ton fusil d’épaules.

Intéressant de s’y mettre quand on sait que cette aptitude est devenu une denrée rare et très recherchée en entreprise : la fameuse question de tes compétences en intelligence émotionnelle.

Alors s’affirmer, c’est OUI même si pas facile et bénéfique ! Viens on t‘emmène.

 

Exprimer son mécontentement 

Comme tout le monde, il t’arrive parfois de ne pas être content. Parfois, pour des petites choses parfois, pour des gros sujets. Ce n’est pas très confortable. Ton visage est fermé, ton humeur de chien, ta communication brève et sèche. 

En plus le conflit, c’est pas ton truc. « Si j’en parle ça va créer une mauvaise ambiance » ou bien « si je montre trop mon agacement, tu peux être sûr que je vais me faire renvoyer dans mes buts ». T’es au point mort, tu marronnes, tu n’oses pas dire, ça pourrait faire tâche au bureau, passer pour le râleur de service non merci !

Info d’utilité publique : si tu n’exprimes rien, que tu te traînes ta tête des sales jours, la mauvaise ambiance elle, va arriver de toute façon : merci la contagion émotionnelle déplaisante. Mais voici ce que tu peux faire : 

Dans un premier temps, tu peux te demander pourquoi tu es fâché : c’est perso, pro, les deux, un sujet important, quelqu’un qui n’a pas mis les formes ? t’es fatigué du coup t’es plus sensible ? t’as raté un truc, tu t’en veux et du coup le reste du monde est une purge ?

Toutes les raisons seront sûrement bonnes à ton mécontentement. Si tu t’arrêtes à ce constat, t’as compris que tu ne vas pas bien loin même si c’est déjà une prise de recul qui pourra t’être utile.

Pour que cette prise de recul puisse maintenant te servir et servir au bien commun, il va s’agir de l’exprimer. Alors pas en beuglant comme un putois ou en jetant ta hargne sur le premier collègue venu.

Si c’est un souci extérieur à l’entreprise, tu peux prévenir tes collègues et alléger l’atmosphère, car tout sera clair sur la situation et ton émotion.

Si c’est un souci dans l’entreprise, l’idéal est d’en parler avant que tu sois fâché au point de ne plus arriver à communiquer. Parler de son besoin, son agacement sans inculper l’autre mais en parlant de ton ressenti, c’est une ouverture vers la discussion et possiblement le consensus. Tu verras ça soulage et surtout tu ne te pollues plus et tu évites aussi d’envenimer des situations qui peuvent être résolues en amont. Alors…content ?

 

J’ose poser des questions

Des questions, des fois ce n’est pas ce qui manque dans ta tête. Tu as en général ta réponse mais il arrive parfois que l’interrogation reste en suspens. Si t’es en réunion tu te demandes si quelqu’un va la poser… et puis non. Toi, tu crèves d’envie d’avoir cette info… mais tu te freines de peur de perturber l’harmonie générale, de te démarquer du groupe, d’être isolé ou de passer pour un c….

A ce stade j’ai envie de te poser une question moi : Si tu n’as pas ta réponse, ton boulot il va avancer comment ? Ta communication avec Truc, ça va être sur des bonnes bases ? Où est-ce que tu passes pour un tocard ou pour un adulte qui ne prend pas ses responsabilités parce que tu ne rends pas le bon dossier… à cause de cette fichue question que t’as pas osé poser ? Et puis comment tu te sens ? un petit nœud à l’estomac, l’impression d’avancer à l’aveugle, de broder ?

Dans un premier temps, je te rassure, des questions tout le monde en a. Il arrive aussi que toi tu aies compris un truc du premier coup et pas les autres. C’est grave docteur ? Non, demain personne ne s’en souvient et tout le monde avance. Oser poser une question c’est se rendre service et souvent rendre service à l’ensemble du groupe. Il est possible que cette question en amène d’autres qui seront utiles au dossier, au projet, à l’équipe.

Si t’as pas envie de la poser en plénière, demande à un collègue, ton N+1 en one to one, l’assistante qui a pris des notes. IL y a toujours un moyen. Comment tu te sens dans ce cas-là ? Soulagé, plus confiant, prêt à avancer.

 

Je le dirai, oui mais plus tard

Bon ben déjà le « oui, Mais » devrait te chatouiller l’oreille. Certes quelques fois dire ce qui te traverse l’esprit tout de suite n’est pas la solution. Ce n’est peut-être pas le bon timing ou tu risques de le dire de la mauvaise manière. Pour autant, différer et garder pour toi peut aussi être inefficace. Ecoute cette histoire : tu suis une  formation et il y a une question qui te gratte, un avis ou un doute qui tourne dans ta tête. Cette opinion tu choisis de la taire, plus simple et moins risqué. Tu te rappelles de la célèbre tirade « tu donnes pas ta chance au produit » ? ben là c’est pareil, si tu décides de garder ton avis pour toi, tu ne permets pas à l’autre de t’éclairer et de te répondre et en plus cette question sans réponses risque de tourner dans ta tête et venir polluer ta concentration. Peut-être même qu’elle va te générer du stress. Jusqu’au bout, tu hésites et puis zut, tu l’écriras dans les évaluations. 

Résultat bingo, ton avis t’as bien pollué pendant deux jours, tu as eu des doutes que tu as bien gardé cachés. Imagine aussi la tête du formateur quand il est tombé dessus après coup sans moyens pour t’apporter l’éclairage attendu. 

Le oser dire ici c’est aussi partager un doute ou une opinion qui peut être commune et servir le collectif, c’est aussi une marque de respect que tu te donnes et qui te permet d’avancer sereinement. Dans cette histoire, un message au formateur ça marche aussi.

 

J’ai des talents, je les exprime 

Tu es un être unique tu sais ? Je n’ai pas dit que tu es le plus formidable, le plus exceptionnel, le plus incroyable ! Je dis que tu es une personne avec des talents particuliers : ceux innés, ceux que tu fais grandir dans ta vie personnelle et ceux que tu as su développer au fur et à mesure de ta carrière si courte ou longue soit-elle.

Dans ta boîte, chacun a ses attributions, sa fiche de poste, sa mission. Parfois, ça te chatouille de te proposer pour un projet, pour driver sur une approche clients, pour prendre en main une nouvelle opportunité pour la boîte. Le problème c’est que tu as peur de l’ouvrir, passer pour un crâneur, te faire mal voir de ceux qui font leur train-train, être la personne aux dents longues.

Si tu ne dis rien, je te parie mon billet que tu vas te démotiver, t’ennuyer, être déçu, voire te désolidariser des autres. Tu auras perdu l’occasion de t’éclater.

Savoir exprimer ses talents et les mettre au service de l’entreprise, c’est offrir à ton environnement professionnel la possibilité de profiter de tes savoirs, tes compétences, ta personnalité. La bonne volonté et la mise à disposition des talents permet à l’entreprise de développer une plus grande flexibilité, de progresser avec des nouveautés, des nouvelles perspectives. L’entreprise est en perpétuelle évolution, tu es un asset qui profite et qui en profite. Manager ? Et si tu m’étais le talent au menu de tes prochaines réunions d’équipe ? Talent ? oui c’est moi !

 

Au final, c’est souvent toi qui met des freins dans ta communication pour les meilleures raisons du monde, des croyances bien ancrées ou une situation ponctuelle.

Tout timide que nous sommes parfois gagnerait souvent à oser dire même en entreprise. Parce que dire c’est se respecter, respecter ses convictions et honorer ses besoins. Quand tu es au clair avec ça, tu développes de la sérotonine, l’hormone du bonheur ; tu es bien dans tes baskets et aligné avec tes idées. Cerise sur le gâteau, tu es donc plus capable de le dire avec la bonne manière, celle qui fait mouche et de te faire entendre. 

Dire et s’affirmer c’est aussi respecter le collectif car tu mets tes idées au service du groupe et qui sait ton idée plus les idées des autres vont peut-être se transformer en de belles innovations.

 

Laisser un commentaire

Fermer le menu