A priori quand on écrit émotions à côté d’entreprise ça démarre mal !

C’est la patate chaude que tout le monde se refile ! 

Gênant, inconfortable, ce n’est pas comme si on avait eu l’habitude d’en parler, même à la maison !

 

Pourtant, 90% de notre temps, nous le passons à vivre des émotions. Et les dernières études montrent que l’intelligence émotionnelle arrive en tête des 2 familles de compétences les plus recherchées aujourd’hui en entreprise*, les compétences transversales.

 

Alors qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi le bât blesse ? Pourquoi les fuit-on (les nôtres et/ou celles des autres), les met-on de côté en pensant que là n’est pas le sujet ?

Mettre son émotion sous le tapis implique sûrement qu’on ne la voit plus… disparaît-elle pour autant ? Malheureusement non, elle grandit, devient plus forte, encombrante, intense… et c’est souvent à ce moment qu’elle ré-apparaît, incontrôlable, déroutante, incomprise, subie.

En admettant que l’émotion est présente dans nos vies au quotidien et qu’il ne sert à rien de la planquer, regardons ensemble comme tu pourrais t’en servir si tu la considérais différemment et plus en amont.

 

Il y a 16 émotions considérées de base, nous te proposons de faire le tour des 4 plus connues et ressenties, appelées aussi émotions de base : la tristesse, la peur, la colère, la joie. Plaisantes ou déplaisantes, tu vas être surpris par l’intérêt de chacune et à quel point tu peux leur faire confiance. Et si elles avaient une utilité et pouvaient être une ressource de taille ?!

 

tristesse

 

Tristesse au bureau

 

Bon, on va pas se mentir, quand tu déprimes, tu as le regard bas, les épaules voûtées voire les yeux rougis… ça se voit ! Pour l’instant, autour de toi, tout le monde a vu mais ne dit rien.

La tristesse de l’autre peut mettre mal à l’aise, on ne s’est pas jamais trop comment s’y prendre. C’est perso, pro ? Entre les présomptions, les craintes d’en parler, les évitements parce que pressé ou pas concerné, tes collègues ne savent pas toujours quoi faire avec  cette tristesse.

Mais toi, sais-tu pourquoi tu es triste ? As-tu compris ce qui te mine ? Parfois on le sait d’instinct, parfois on a besoin de prendre un petit temps pour y penser et comprendre ce qu’il se passe. Mettre des mots dessus, ce peut-être déjà un soulagement. Tu peux aussi te demander quelle est l’intensité de cette émotion et l’avoir dans le viseur pour qu’elle ne vienne pas te saboter.

Ta prise de conscience va être d’une aide précieuse pour ne pas polluer ta journée et faire au mieux avec cette tristesse qui est là. Au-delà, tu peux te demander ce dont tu as besoin pour réguler cette émotion et y trouver un soulagement, un accompagnement. Ta journée va peut-être aller à l’essentiel pour la rendre plus légère, tu profiteras d’un déjeuner en solo ou même en compagnie d’une collègue avec qui tu t’entends bien. Tu seras ton contrôleur du ciel de tes émotions et tu pourras ainsi accueillir ta tristesse sans qu’elle ne te martyrise ni pollue tes relations. 

 

peur

 

Peur sur la ville / Exprimer ses inquiétudes en entreprise

 

Des fois amie, des fois ennemie, la peur est de toutes les compagnies. 

Elle est utile quand elle te permet d’éviter de te mettre dans des situations hasardeuses voire dangereuses. Tiens, le dernier projet que tu as refusé, trop borderline, pas assez de garanties financières. Tu l’as ressentie cette sensation qui t’a permis de prendre tes jambes à ton coup. Amie la peur, oui !

Cela ne marche pas à tous les coups, quelquefois cette peur tu ne la comprends pas, elle te paralyse, brouille ton objectivité et te pousse  vers des chemins sans issue. Par exemple, la dernière fois que ton boss t’a proposé un poste à responsabilité, la peur est venue te rendre visite, elle t’a envahi, t’a fait hésiter. Oui ce poste serait difficile, oui tu ne maîtrises pas tout. Puis la peur s’est immiscée dans tes pensées : étais-tu vraiment à la hauteur ?  Tu t’es laissé submerger et tu as dit NON ! Non pas à la peur mais au poste, vaincu par la peur. 

Prendre conscience de cette émotion que tu ressens, la nommer te permettra la prochaine fois de prendre plus de hauteur. 

La peur t’envoie des messages précis : protège toi ! Capter ce message te donne les clés essentielles pour mettre toute ton énergie à nourrir ce besoin. Comment te protéger ? Tu peux en parler à un collègue, à ton manager, te former, demander un accompagnement. Ainsi rassuré, la peur est ton alliée et tu t’appuies sur elle pour avancer. 

 

 

colère

 

Grrrrrr attention je mords / La colère, signal d’alarme en équipe

 

Elle aussi arrive sans prévenir la colère !! Que tu crois !!!

Alors oui elle peut balayer tout sur son passage, tu la sens monter, grandir, bouillir de haut en bas et puis l’explosion. Tu ne sais plus ni ce que tu as dit ni ce que tu as fait. Tu es fatigué.e, rincé.e, vidé.e. Connais-tu la chanson ?

Bonne nouvelle, tu peux éviter qu’elle ne te submerge, tu peux mieux la comprendre et la maîtriser.

Avant d’arriver, elle t’envoie des signes la colère, elle fait frémir tes narines, elle fait s’emballer ton cœur, elle fait jaillir des mots marqués par l’impatience voire l’agressivité….

Et quand l’alerte survient, tu peux choisir d’exploser (pour tout te dire, pas sûr que cette dépense d’énergie te soit profitable) ou t’en servir pour poser tes limites, dire stop à une situation ou à quelqu’un quand cela va trop loin.

Quand elle te dessert, sois vigilant sur ses récurrences. Apprends à repérer à quel moment, dans quelle situation elle se déclenche. Puis respire un grand coup, diffère tes rdv, sors prendre l’air, prends de la distance… Agis pour te préserver et préserver les autres aussi.

Dans ce cas,  ta colère devient ta meilleure amie, elle a allumé une alarme, tu l’as écoutée, tu sais mieux gérer, prévenir l’autre que la limite est dépassée.

C’est tout bénéf’, tu n’effraies plus les autres par tes comportements ou mots inappropriés, tu gagnes des points de sérénité et des relations apaisées. Tu veux essayer ?

 

 

Joie de vivre avec mes collègues

 

Ah la joie ! L’émotion accueillie à bras ouverts. Elle a bonne pub et on aime la ressentir et aussi la lire chez les autres. 

Il arrive cependant que cette joie soit encombrante, qu’elle arrive comme un cheveu sur la soupe même si c’est apparemment l’émotion la plus validée en entreprise. Parfois elle peut être en décalage avec l’entourage, le moment, la situation. Sauter partout et donner une tape dans le dos de ses collègues alors que c’est l’audit annuel… touché coulé.

Se rendre compte que l’intensité de ta joie ne colle pas avec la situation, te permet de la rediriger pour mieux t’en servir. La joie est un moteur extraordinaire ! Ton énergie haute peut te servir à passer des coups de fil aux clients plus difficiles, attaquer des projets qui te semblaient trop lourds jusqu’à présent. La joie est fédératrice si elle ne devient pas hystérique, trop bruyante, envahissante.

L’accueillir, la mesurer et l’utiliser pour ton bien-être et le bien commun c’est ton intelligence émotionnelle de la banane, la frite, la pêche, la patate !

 

émotions

 

En conclusion, émotions et entreprise, est-ce réellement une histoire de « je t’aime moi non plus » ? Finalement, leur faire une place en entreprise pour l’intelligence collective et personnelle donne aussi l’occasion de ne plus les subir mais au contraire de les accueillir pour en faire une force.

Par où commencer ? Ce pourrait être tout simplement de les intégrer dans la vie de l’entreprise, par exemple dans les briefs du lundi matin avec un tour de table sur la Métaphore de l’émotion de chacun. Ici l’idée n’est pas de tourner au mélo mais au contraire de regarder ce qui habite chaque membre de l ‘équipe et comment celle-ci peut en faire un allié plutôt qu’une crainte. 

De la prise de décision, à la relation en passant par la cohésion ou l’investissement personnel, les émotions impactent fort la bonne marche générale de l’entreprise. Des salariés à l’écoute de leurs émotions, des managers à l’écoute des émotions de leurs salariés et des leurs font des entreprises équilibrées, résilientes et performantes.

 

Culottées ? Oui c’est signé!

 

*Futur of jobs survey 2020. World Economic Forum

 

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